En 2006, cette décision était confiée aux Présidents de Conseils Généraux. Mais elle n'a pas eu d'effets réels.
Il s'agit d'une fois encore d'une mesure sécuritaire, dans laquelle une population est stigmatisée: en l'occurrence les familles défavorisées. Ni les familles à enfant unique, ni les familles aisées ne sont ici visées.
Outre l'audace d'un tel transfert aux services de l'éducation nationale qui peinent à fonctionner convenablement en raison de baisses d'effectifs toujours plus importantes, cette mesure n'a rien d'éducatif ni de pédagogique.
Le phénomène de l'absentéisme scolaire connait en effet une grande diversité de causes qui font consensus. D'ailleurs tant l'auteur de la proposition de loi que son rapporteur dressent le même diagnostic. L'absentéisme est avant tout fonction des conditions de vie de l'élève, matérielles ou affectives et souvent d'une orientation scolaire jamais choisie mais toujours subie. Il n'est nullement question des parents.
L'absentéisme scolaire est un corollaire du décrochage scolaire. Il doit de fait, faire l'objet d'une véritable politique de prévention.
Or, la mise à mal systématique de notre système scolaire, la suppression des poste des professionnels formés pour aidés les élèves en difficulté, les classes surchargées, aggravent le décrochage et au final l'absentéisme.
Ce texte est inefficace, inapproprié et injuste car cette mesure privera toute une famille parce qu'un seul enfant manque l'école. Seule une école publique efficace, innovante pourra relever le défi. Mes collègues et moi-même nous sommes donc opposés à cette proposition de loi.